Butyrate de sodium ou tributyrine« Lequel choisir ? »
Il est bien connu que l'acide butyrique est une source d'énergie importante pour les cellules du côlon. De plus, il s'agit de leur source d'énergie privilégiée, couvrant jusqu'à 70 % de leurs besoins énergétiques totaux. Cependant, il existe deux formes d'acide butyrique. Cet article propose une comparaison de ces deux formes afin de vous aider à choisir celle qui vous convient le mieux.
L'utilisation des butyrates comme additif alimentaire a été largement étudiée et utilisée en agriculture animale depuis plusieurs décennies, d'abord chez les veaux pour stimuler le développement précoce du rumen, puis chez les porcs et la volaille.
Il a été démontré que les additifs à base de butyrate améliorent la prise de poids (BWG) et les taux de conversion alimentaire (FCR), réduisent la mortalité et atténuent l'impact des maladies intestinales.
Les sources courantes d'acide butyrique pour l'alimentation animale se présentent sous 2 formes :
- Sous forme de sel (par exemple, butyrate de sodium) ou
- Sous forme de triglycéride (c.-à-d. tributyrine).
Vient ensuite la question suivante –Lequel choisir ?Cet article propose une comparaison côte à côte des deux.
processus de production
Butyrate de sodium :Produit par une réaction acide-base pour former un sel à point de fusion élevé.
NaOH + C4H8O2 = C4H7COONa + H2O
(Hydroxyde de sodium + acide butyrique = butyrate de sodium + eau)
Tributyrine :Produite par estérification, la tributyrine est formée par la fixation de l'acide butyrique sur du glycérol. Elle possède un point de fusion bas.
C3H8O3+3C4H8O2= C15H26O6+3H2O
(Glycérol + Acide butyrique = Tributyrine + Eau)
Lequel contient le plus d'acide butyrique par kg de produit ?
DepuisTableau 1Nous connaissons la quantité d'acide butyrique contenue dans les différents produits. Cependant, il convient également d'examiner l'efficacité de leur libération d'acide butyrique dans l'intestin. Le butyrate de sodium étant un sel, il se dissout facilement dans l'eau, libérant ainsi du butyrate. On peut donc supposer que 100 % du butyrate contenu dans le butyrate de sodium sera libéré lors de sa dissolution. Du fait de sa dissociation rapide, des formes protégées (par exemple, la microencapsulation) du butyrate de sodium permettront une libération lente et continue de butyrate tout au long du tube digestif, jusqu'au côlon.
La tributyrine est essentiellement un triacylglycéride (TAG), un ester dérivé du glycérol et de trois acides gras. La libération du butyrate lié au glycérol nécessite l'action d'une lipase. Bien qu'une molécule de tributyrine contienne trois molécules de butyrate, leur libération totale n'est pas garantie. Ceci s'explique par la régiosélectivité de l'hydrolyse de la lipase. Celle-ci peut hydrolyser les triacylglycérides en R1 et R3, uniquement en R2, ou de manière non spécifique. La lipase présente également une spécificité de substrat : elle peut différencier les chaînes acyles liées au glycérol et cliver préférentiellement certains types. La libération du butyrate par la tributyrine pouvant donc nécessiter l'intervention d'une lipase, une compétition entre la tributyrine et d'autres TAG pour cette enzyme peut exister.
Le butyrate de sodium et la tributyrine auront-ils un impact sur la consommation d'aliments ?
Le butyrate de sodium a une odeur désagréable, peu agréable pour les humains mais appréciée des mammifères. Le butyrate de sodium représente 3,6 à 3,8 % de la matière grasse du lait maternel et peut donc agir comme un attractif alimentaire, déclenchant les instincts de survie innés des mammifères.Tableau 2Cependant, pour assurer une libération lente dans les intestins, le butyrate de sodium est généralement encapsulé dans une matrice lipidique (par exemple, de la stéarine de palme). Cela contribue également à atténuer l'odeur rance du butyrate de sodium.
La tributyrine, en revanche, est inodore mais a un goût astringent (Tableau 2L'ajout de quantités importantes peut avoir des effets négatifs sur la consommation d'aliments. La tributyrine est une molécule naturellement stable qui traverse la partie supérieure du tube digestif avant d'être clivée par la lipase intestinale. Non volatile à température ambiante, elle n'est généralement pas enrobée. La tributyrine est habituellement encapsulée dans du dioxyde de silicium inerte. Ce dernier étant poreux, la tributyrine peut ne pas être libérée intégralement lors de la digestion. De plus, sa pression de vapeur élevée la rend volatile à la chaleur. C'est pourquoi nous recommandons son utilisation sous forme émulsionnée ou protégée.
Date de publication : 2 avril 2024
